Choisir les bonnes fenêtres pour sa maison, ce n’est pas juste une question d’esthétique. Isolation thermique, résistance dans le temps, facilité d’entretien… Ce choix peut impacter durablement le confort de votre habitat – et votre portefeuille. Et aujourd’hui, deux matériaux se tirent clairement la bourre sur le marché : l’aluminium et le PVC. Alors, entre la fenêtre aluminium, au look moderne et robuste, et son homologue en PVC, souvent championne du rapport qualité-prix, laquelle vaut vraiment le coup ? En tant que charpentier-couvreur, je vous partage ici mon retour terrain pour vous aider à faire un choix éclairé.
Fenêtres en PVC : le choix budget malin
Quand on parle de fenêtres en PVC, on pense souvent à l’alternative économique – et à raison. C’est une solution très répandue sur les chantiers, notamment en rénovation. Pourquoi ? Parce que le PVC présente un excellent rapport isolation-prix.
Ce matériau plastique a l’avantage de très bien limiter les déperditions de chaleur. En clair, il garde la chaleur à l’intérieur en hiver et repousse la chaleur extérieure en été. Ce sont vos factures de chauffage qui vont vous dire merci ! Et question acoustique, les fenêtres en PVC font aussi le job, surtout quand elles sont équipées de double ou triple vitrage.
Côté pratique, elles nécessitent peu d’entretien. Un chiffon doux et un peu d’eau savonneuse suffisent pour leur redonner un coup de neuf. Contrairement au bois, pas besoin de lasure ni de peinture tous les 5 ans.
Mais attention, le PVC a aussi ses limites. Il est moins rigide que l’aluminium, ce qui le rend peu adapté aux grandes ouvertures. Et niveau design, disons-le franchement, il fait rarement rêver les architectes. Même si des efforts ont été faits sur les teintes et les finitions, on reste dans un style plutôt basique.
Les plus du PVC :
- Excellent rapport qualité/prix
- Très bon isolant thermique et phonique
- Entretien minimal
- Résiste plutôt bien aux intempéries et à l’humidité
Ce qu’on aime moins :
- Esthétique standardisée, peu de finitions haut de gamme
- Pas idéal pour les baies vitrées ou les grandes menuiseries
- Moins rigide → sensibilité à la déformation sur le long terme
Fenêtres en aluminium : la finesse au service de la modernité
L’aluminium, c’est un peu l’élégance architecturale au service de la performance. Il séduit par sa finesse et ses lignes épurées, notamment dans les maisons contemporaines où les architectes aiment ouvrir les pièces vers l’extérieur. Grâce à sa grande rigidité, l’aluminium permet justement de fabriquer des fenêtres ou des baies vitrées de très grandes dimensions sans risque de déformation.
Un autre point fort de l’alu ? Sa personnalisation. Aujourd’hui, les menuiseries peuvent être thermolaquées dans toutes les teintes imaginables. On peut même avoir des finitions imitation bois bluffantes. Et pour ceux qui veulent le beurre et l’argent du beurre, il existe des fenêtres bicolores : une couleur côté intérieur, une autre côté extérieur.
Mais l’aluminium a mauvaise réputation en matière d’isolation thermique… Enfin, ça, c’était vrai il y a quelques années. Aujourd’hui, les modèles de fenêtres en alu avec rupture de pont thermique rivalisent largement avec le PVC. Il faudra juste y mettre le prix.
Les points forts de l’aluminium :
- Grande robustesse et rigidité
- Idéal pour les grandes baies vitrées
- Design fin et moderne
- Palettes de couleurs quasi infinies
- Résistance aux UV, aux intempéries, à la corrosion
Les inconvénients à considérer :
- Prix plus élevé qu’une fenêtre en PVC
- Conductivité thermique plus importante sans rupture de pont thermique
- Entretien un peu plus technique pour garder le brillant d’origine
Isolation thermique : PVC ou alu, qui l’emporte ?
C’est souvent la première question qu’on me pose en chantier : « Et pour garder la chaleur, je prends quoi ? » Clairement, le PVC a historiquement été meilleur que l’aluminium pour conserver la température intérieure. Mais avec les dernières générations de fenêtres alu, la donne a changé.
Les fenêtres en aluminium actuelles sont quasiment toutes équipées de rupture de pont thermique, c’est-à-dire qu’on insère une barrette isolante entre l’intérieur et l’extérieur de la structure. Résultat : les performances thermiques peuvent atteindre des niveaux très proches de ceux du PVC… pour peu qu’on y mette le prix.
Donc si votre priorité absolue, c’est l’isolation au meilleur prix, le PVC reste le champion. Mais si vous visez une maison BBC ou passive, des fenêtres alu haut de gamme bien couplées à un bon vitrage peuvent aussi faire parfaitement l’affaire.
Design et rendu esthétique : l’aluminium en tête
Là, il n’y a pas vraiment match. Niveau look, l’aluminium remporte la palme, surtout si vous cherchez à donner un style moderne ou industriel à votre maison. Il permet des dormants plus fins, donc plus de surface vitrée, et surtout une personnalisation presque sans limite.
Le PVC, même s’il a fait des progrès sur les aspects colorés et les finitions veinées, reste majoritairement blanc ou beige, avec un aspect un peu plus massif sur les cadres. Et même si certaines imitations bois peuvent dépanner, elles n’égalent pas la légèreté visuelle d’un aluminium thermolaqué.
Solidité et longévité : l’alu sur la durée
Sur ce point, mon expérience chantier parle clairement en faveur de l’aluminium. C’est un matériau inaltérable, résistant aux UV, à la corrosion, aux chocs et aux intempéries. On croise encore des fenêtres en alu posées dans les années 90 qui n’ont quasiment pas bougé – si elles ont été bien entretenues, évidemment.
Le PVC, lui, peut se ternir avec le temps, surtout s’il est de moyenne gamme. La structure reste généralement intacte, mais l’aspect esthétique peut en prendre un coup, notamment si la menuiserie a été exposée plein sud pendant des années.
Budget : l’écart qui peut être décisif
C’est souvent là que le choix se joue. Une fenêtre en PVC coûte en moyenne 20 à 30 % moins cher qu’un modèle équivalent en aluminium. En rénovation ou dans le cadre d’un budget serré, cet écart peut peser lourd – surtout si vous avez toute une maison à équiper.
Mais attention, il ne faut pas se contenter du prix à l’achat. Pensez à long terme. Une fenêtre en aluminium de bonne qualité peut durer 40 à 50 ans, contre 25 à 30 ans pour du PVC, selon l’entretien. Et la plus-value esthétique aura également son rôle si vous revendez votre maison un jour.
Et pourquoi pas les deux ?
Une solution que j’adore proposer à mes clients : mixer les matériaux. Par exemple, des fenêtres en PVC classiques pour les chambres ou l’arrière de la maison, et de grandes baies en aluminium pour le salon ou la véranda. Ça permet de faire baisser le budget global tout en soignant les espaces principaux.
Autre option astucieuse : les fenêtres mixtes. Elles combinent un cœur en PVC (pour l’isolation) avec un habillage extérieur en aluminium (pour l’esthétique et la résistance). C’est plus cher, oui, mais c’est aussi un excellent compromis.
En résumé : faites parler vos priorités
Alors, fenêtre aluminium ou fenêtre PVC ? Comme souvent dans le bâtiment, tout dépend de vos attentes :
- Vous voulez un matériau économique, facile à poser, avec d’excellentes performances thermiques ? 👉 Misez sur le PVC.
- Vous rêvez de baies vitrées élégantes, de finitions modernes et d’un matériau qui dure ? 👉 L’alu est votre allié.
- Vous cherchez à concilier budget et esthétique haut de gamme ? 👉 Pensez mixité ou fenêtres hybrides.
Mon dernier conseil de couvreur-charpentier ? Ne négligez jamais la qualité de la pose, quel que soit le matériau. Une fenêtre mal posée, même haut de gamme, devient une passoire thermique. Assurez-vous donc de faire appel à des pros qualifiés, et travaillez votre projet en amont. Votre maison – et votre confort – vous le rendront au centuple.